Fièvre aphteuse : l’angoisse s’installe à Alger

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Bien qu’Alger ne soit pas touchée par la fièvre aphteuse, les Algérois ont peur d’acheter de la viande bovine. Au marché Clauzel, dans le centre de la Capitale, les clients ne se bousculent pas devant les boucheries. Les commerçants invitent les passants à acheter, sans succès. Le boucher est assis sur une table, ses étals sont presque vides. Un seul homme va demander un steak. « Je sais que je ne risque rien en mangeant de la viande bovine, je ne suis pas du tout inquiet », nous affirme le quinquagénaire.

Les prix affichés montrent une légère baisse de la viande bovine. Un boucher explique que la viande avec les os est à 680DA, alors qu’il la vendait à 800DA avant l’apparition de l’épidémie. Celle désossée est passée de 1100DA à 980DA. « Il y a une importante baisse de la demande ces derniers jours à cause de la fièvre aphteuse. On ne travaille pas beaucoup en ce moment », confit-il . Ses voisins, affichant des prix similaires aux siens, refusent d’admettre la baisse de la demande. « Non la demande n’a pas baissé », assurent-ils.

Mais la peur, quant à elle, est bien présente. Warda nous affirme que les assurances des vétérinaires, qui disent qu’il n’y a aucun risque pour le consommateur, ne l’ont pas convaincue. « Comment peut-on ne rien risquer si on mange la viande d’une bête malade. C’est inconcevable. Je ne suis pas du tout convaincue ». Plusieurs autres personnes rencontrées dans le marché partagent cette opinion. Ali a peur de manger de la viande. « C’est bizarre, je n’ai pas peur de manger un sandwich avec de la viande mais j’ai peur d’acheter de la viande dans une boucherie. Même si je sais que je ne risque rien. Mais j’ai quand même peur », nous raconte le jeune algérois. Ami Mourad avoue qu’il n’a aucune inquiétude mais « à la maison on m’a dit de ne plus acheter de la viande bovine. Ils ont peur ».

De peur de manger de la viande rouge, les Algérois se rabattent sur les viandes blanches. Les marchands de poissons et de volailles ont, quant à eux, noté une hausse de la demande. Un vendeur de poissons nous déclare avec un large sourire : « On a enregistré une hausse de la demande, les gens ont peur de manger de la viande rouge ». Toutefois, il indique que « les prix du poisson n’ont pas connu de hausse pour le moment ». Le même constat est fait chez les vendeurs de poulet.


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